Les Bretons ont toujours témoigné une grande dévotion pour les fontaines qui, souvent dédiées à Notre Dame ou d’autres saints, étaient dotées de vertus guérisseuses ou miraculeuses : vous remarquerez que la quasi-totalité des fontaines possèdent une petite niche où autrefois se logeait une statuette (elles ont presque toutes disparu...). Au début du XXè siècle, plus de 2000 étaient connues pour répandre des grâces bienfaitrices et soigner certaines maladies. L’eau, selon un rite ancien, avait gardé sa connotation purificatrice, et de nombreuses personnes venaient se recueillir auprès de ces fontaines pour que leur soit accordée la grâce d’être guéries ou exaucées (souvent lors des Pardons ).
Beaucoup de fontaines étaient réputées pour offrir aux jeunes filles un bon mari ; d’autres permettaient aux couples infertiles d’avoir des enfants. Enfin, la plupart jouait un rôle curatif reconnu : elles soignaient de la rage, redonnaient la santé, et parfois guérissaient les aveugles ou les invalides...

Un véritable rite était souvent nécessaire pour que les voeux soient exaucés : il fallait parfois jeter des épingles dans l’eau de la fontaine ou des pièces de monnaie... Afin de savoir si un couple serait heureux en mariage, on devait jeter dans l’eau de la fontaine deux mies de pain : si elles se rapprochaient, les jeunes gens pouvaient se marier sans crainte... Nombre de fontaines avaient ainsi leurs vertus bienfaitrices, mais pour toutes la prière était essentielle...
